Tableau Excel de maintenance : pourquoi il devient ingérable?
- Anne-Sophie DJEDAIED
- il y a 2 jours
- 3 min de lecture

Séparer la maintenance dans Excel pour reprendre la main
Quand les demandes de maintenance s’accumulent, la première difficulté n’est pas technique.C’est la confusion.
Qu’est-ce qui relève de l’urgence ?Qu’est-ce qui aurait dû être anticipé ?Qu’est-ce qui revient sans cesse sans jamais être vraiment traité ?
Face à ce flou, beaucoup d’équipes adoptent une organisation qui semble évidente : créer un tableau Excel de maintenance, puis séparer la maintenance corrective et la maintenance préventive dans des onglets distincts.
Sur le papier, tout s’éclaire.Deux catégories. Deux logiques. Deux tableaux.
Le correctif pour gérer l’imprévu.Le préventif pour structurer l’anticipation.
Cette séparation donne immédiatement le sentiment d’une maintenance plus maîtrisée.
Deux onglets Excel pour une réalité beaucoup moins cloisonnée
Dans Excel, la frontière est nette.Chaque demande doit entrer dans une case.
Sur le terrain, cette frontière est beaucoup plus floue.
Une panne répétitive est-elle encore du correctif ?Une intervention planifiée mais déclenchée en urgence relève-t-elle toujours du préventif ?Un équipement mal entretenu génère-t-il une panne ou une conséquence logique ?
Très vite, certaines demandes passent d’un onglet à l’autre.D’autres restent bloquées dans une catégorie qui ne correspond plus vraiment à la réalité.
Excel impose une lecture binaire.La maintenance, elle, ne fonctionne jamais de façon aussi simple.
Pourquoi le tableau Excel de maintenance fonctionne au début?
Il serait faux de dire que cette organisation ne fonctionne pas.
Au contraire, dans un premier temps, le tableau Excel de maintenance apporte de vrais bénéfices :
le correctif devient visible
le préventif existe enfin sur le papier
certaines interventions peuvent être planifiées
les échanges sont plus structurés
Les équipes ont le sentiment de mieux répartir leur énergie.Le préventif n’est plus totalement absorbé par l’urgence.
Tant que le volume reste limité, cette séparation apporte de la clarté.
Quand la distinction corrective / préventive devient-elle un frein?
Puis, progressivement, la charge augmente.
Les demandes correctives s’enchaînent.Le préventif est décalé, fractionné, parfois annulé.Certaines interventions changent de nature en cours de route.
Et une question revient de plus en plus souvent : « On le met dans quel onglet ? »
Cette question, anodine en apparence, révèle un basculement.L’organisation commence à servir le tableau plus que la maintenance.
La séparation, censée clarifier, ralentit l’action.Elle devient un filtre administratif.
Ce que le tableau Excel empêche de voir
En séparant strictement corrective et préventive, un effet pervers apparaît :la perte de vision globale.
Le tableau Excel de maintenance ne permet plus de voir :
qu’un même équipement génère régulièrement des pannes
qu’un préventif mal réalisé déclenche du correctif
que certaines demandes sont structurellement évitables
Les deux onglets vivent en parallèle, sans dialogue.Excel classe, mais ne relie pas.
Or, en maintenance, ce sont justement les liens qui permettent de décider.
La limite structurelle que personne n’anticipe
À partir d’un certain volume, cette organisation devient lourde à maintenir.
Les équipes passent du temps à :
arbitrer des catégories
maintenir deux tableaux cohérents
gérer des exceptions permanentes
La question n’est plus « comment améliorer la maintenance ? »Mais « comment faire rentrer la réalité dans Excel ? »
Le tableau ne soutient plus l’activité.Il la contraint.
Excel ne pilote pas la maintenance, il la segmente
Un tableau Excel de maintenance n’est pas une mauvaise pratique.C’est une étape logique de structuration.
Mais lorsque les demandes se multiplient, que les équipements, les sites et les intervenants augmentent, la maintenance ne se pilote plus par onglets.Elle se pilote par historique, par récurrence, par lien entre les interventions.
C’est souvent à ce moment-là que certaines équipes commencent à s’interroger sur des outils capables de donner une vision globale et continue de la maintenance — comme Followme — non pour remplacer leur organisation, mais pour lui permettre de tenir dans la durée.




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